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Australie : Le gouvernement ferme une formation utilisée massivement par des étudiants étrangers pour prolonger leur séjour

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Australie Le gouvernement ferme une formation utilisée massivement par des étudiants étrangers pour prolonger leur séjour
Australie Le gouvernement ferme une formation utilisée massivement par des étudiants étrangers pour prolonger leur séjour

Le gouvernement australien a décidé de fermer aux nouveaux étudiants internationaux le BSB80120 Graduate Diploma of Management (Learning), une formation professionnelle massivement utilisée dans les transferts d’étudiants déjà présents dans le pays et associée, selon les autorités, à des taux élevés de refus de visa et d’abandon. La mesure prendra effet le 5 octobre 2026 et constitue la première utilisation par Canberra de ses nouveaux pouvoirs permettant de suspendre ou supprimer une formation du registre CRICOS lorsqu’elle présente des problèmes systémiques d’intégrité.

La décision est loin d’être marginale : 452 établissements VET sont actuellement autorisés à proposer cette formation aux étudiants internationaux, avec 41 033 Confirmations of Enrolment (CoE) actives. Parmi elles, 15 772 étudiants sont actuellement enregistrés comme suivant effectivement le programme, selon le communiqué publié le 4 septembre par le gouvernement australien.

Les étudiants qui auront déjà commencé la formation avant le 5 octobre pourront la terminer. En revanche, les nouveaux étudiants internationaux ne pourront plus s’y inscrire ni commencer le programme après cette date.

Quelle formation l’Australie vient-elle de fermer ?

La mesure concerne précisément le BSB80120 Graduate Diploma of Management (Learning), généralement abrégé GDML.

Il s’agit d’une qualification appartenant au secteur australien de l’enseignement et de la formation professionnels, le Vocational Education and Training (VET). Elle est distincte d’un Master universitaire classique et peut être proposée par des organismes de formation enregistrés auprès des autorités australiennes.

Ce diplôme vise théoriquement des personnes travaillant ou souhaitant travailler dans des fonctions liées au management, au développement organisationnel et à l’apprentissage au sein des organisations.

Le problème identifié par les autorités n’est donc pas l’existence même d’une formation en management. C’est son usage dans une partie du marché international de la formation professionnelle qui a conduit à l’intervention du gouvernement.

Pourquoi le gouvernement intervient-il maintenant ?

Selon le gouvernement australien, le GDML présente des problèmes d’intégrité significatifs et systémiques.

Le ministère de l’Éducation indique disposer d’éléments montrant que la formation a été utilisée pour faciliter des transferts d’étudiants déjà présents en Australie qui n’étaient pas considérés comme de véritables étudiants au sens attendu par le système de visa.

Le programme est également associé à :

  • des taux élevés de refus de visa ;
  • des taux importants de non-achèvement de la formation ;
  • un volume particulièrement élevé de transferts vers cette qualification ;
  • des interrogations sur la cohérence entre le cursus choisi et la progression académique réelle de certains étudiants.

La mesure vise donc moins les étudiants qui suivent réellement le programme que l’utilisation du cursus comme outil permettant de rester plus longtemps en Australie sous couvert d’études.

Une formation devenue massive : plus de 41 000 CoE actives

L’ampleur prise par le GDML explique en partie la décision.

Le gouvernement recense actuellement 41 033 Confirmations of Enrolment actives liées à cette seule qualification.

La Confirmation of Enrolment, ou CoE, est un document essentiel pour les étudiants étrangers : elle confirme officiellement l’inscription dans une formation enregistrée sur CRICOS et sert notamment dans le cadre d’une demande de Student visa (subclass 500).

Toutes ces 41 033 CoE ne correspondent pas à des étudiants déjà en cours.

Le gouvernement précise que 15 772 étudiants sont actuellement enregistrés comme étudiant effectivement dans le GDML. Cela laisse un volume considérable de CoE correspondant notamment à des inscriptions prévues, différées ou qui n’ont pas encore commencé.

Le programme est par ailleurs proposé par 452 prestataires VET enregistrés pour accueillir des étudiants internationaux.

À titre de comparaison, cela signifie qu’une seule qualification était disponible auprès de plusieurs centaines d’organismes à travers le pays.

Que se passera-t-il le 5 octobre 2026 ?

La date centrale est le 5 octobre 2026.

À partir de cette date, selon les règles détaillées par l’Australian Skills Quality Authority (ASQA) :

  • aucun établissement CRICOS ne pourra délivrer une nouvelle Confirmation of Enrolment pour le GDML ;
  • aucun nouvel étudiant international ne pourra être inscrit dans cette formation ;
  • un étudiant international qui n’a pas encore commencé son cursus ne pourra plus le commencer ;
  • les CoE associées au GDML pour les étudiants qui n’auront pas commencé seront automatiquement annulées ;
  • les établissements ne pourront plus ajouter cette formation à leur enregistrement CRICOS ni renouveler son inscription.

La fermeture concerne donc l’utilisation du cursus pour accueillir des overseas students. Elle ne supprime pas nécessairement la qualification pour les étudiants australiens.

Les étudiants déjà inscrits pourront-ils terminer leur formation ?

Oui, à condition d’avoir effectivement commencé le GDML au plus tard le 5 octobre 2026.

Ces étudiants pourront continuer leur cursus auprès de leur établissement actuel.

Dans ce cas, la formation sera suspendue sur le périmètre CRICOS du prestataire plutôt qu’immédiatement supprimée. Le prestataire pourra continuer à enseigner aux étudiants internationaux déjà engagés dans le programme, mais ne pourra plus en recruter de nouveaux.

Lorsque le dernier étudiant international concerné aura terminé ou abandonné le programme, le GDML sera ensuite automatiquement supprimé de l’enregistrement CRICOS de l’établissement.

La situation est différente lorsqu’un prestataire n’a aucun étudiant international ayant réellement commencé le programme au 5 octobre : dans ce cas, la qualification sera directement retirée de son périmètre CRICOS.

Une CoE ne protège pas un étudiant qui n’a pas encore commencé

C’est le point le plus important pour les futurs étudiants.

Une personne peut déjà avoir :

  • reçu une offre d’admission ;
  • payé une partie de ses frais ;
  • obtenu une Confirmation of Enrolment ;
  • prévu de commencer le GDML après le 5 octobre.

Cela ne lui permettra pas de commencer la formation.

L’ASQA précise explicitement que les CoE liées au GDML seront automatiquement annulées le 5 octobre pour les étudiants internationaux qui n’auront pas encore commencé le programme.

Les établissements concernés doivent informer ces étudiants et respecter leurs obligations en matière de placement alternatif ou de remboursement lorsque celles-ci s’appliquent.

Pourquoi cette formation était-elle utilisée pour prolonger le séjour en Australie ?

Le phénomène s’inscrit dans un problème plus large que le gouvernement australien appelle depuis plusieurs années le « visa hopping ».

Le principe consiste, pour certains titulaires de visas temporaires, à enchaîner plusieurs formations ou plusieurs visas afin de continuer à séjourner en Australie, alors que la progression académique réelle devient difficile à justifier.

En 2024, le ministère de l’Intérieur avait déjà indiqué que le nombre d’étudiants étrangers présents en Australie avec un deuxième visa étudiant ou un visa étudiant ultérieur avait augmenté de plus de 30 %, dépassant 150 000 personnes en 2022-2023.

Le gouvernement avait alors annoncé une série de mesures destinées à limiter cette pratique, notamment le renforcement du critère Genuine Student et des restrictions sur certaines demandes de Student visa déposées depuis l’Australie.

La suppression du GDML pour les nouveaux étudiants internationaux constitue une nouvelle étape : cette fois, Canberra intervient directement sur la formation elle-même, plutôt que seulement sur la demande de visa.

Le problème des transferts d’étudiants déjà présents en Australie

Le gouvernement insiste particulièrement sur les onshore transfers.

Il s’agit d’étudiants internationaux qui commencent une formation dans un établissement australien, puis changent de prestataire ou de cursus alors qu’ils se trouvent déjà dans le pays.

Un transfert n’est pas illégal en soi. Un étudiant peut avoir de bonnes raisons de changer de programme.

Mais les autorités estiment qu’une partie du secteur VET a développé des pratiques où certains cursus étaient utilisés pour attirer des étudiants déjà présents en Australie avec des formations moins exigeantes, moins coûteuses ou plus adaptées à la prolongation de leur séjour qu’à leur projet académique initial.

Le GDML semble avoir été particulièrement concerné par ce phénomène.

Les agents d’éducation sont également visés

La réforme ne se limite pas aux établissements.

À partir du 5 octobre, les education agents ne pourront plus recruter de nouveaux étudiants internationaux dans le GDML.

Les prestataires doivent également informer les agents avec lesquels ils travaillent afin qu’ils communiquent des informations correctes aux étudiants affectés.

Cette mesure arrive quelques mois après une autre réforme entrée en vigueur en 2026 : l’Australie a interdit le paiement de certaines commissions aux agents d’éducation pour les transferts onshore.

L’objectif est d’éliminer l’incitation financière qui pouvait pousser un agent à convaincre un étudiant déjà inscrit dans une école ou une université de changer de prestataire sans raison académique réelle.

Première utilisation d’un nouveau pouvoir de fermeture

La décision du 4 septembre est importante parce qu’elle constitue la première utilisation des nouveaux pouvoirs de suspension et de suppression de formations accordés au gouvernement dans le cadre des réformes du système ESOS adoptées en 2025.

Le ministre peut désormais désigner une catégorie de formations lorsque plusieurs critères sont réunis, notamment :

  • des problèmes systémiques concernant la qualité ou les modalités d’enseignement ;
  • des taux de complétion particulièrement faibles ;
  • des mouvements inhabituels d’étudiants entre formations ;
  • une utilisation susceptible de contourner les règles du visa étudiant ;
  • une faible contribution aux besoins actuels ou futurs de compétences en Australie ;
  • un motif plus général d’intérêt public.

Le Department of Education confirme que ces nouveaux pouvoirs permettent au gouvernement de supprimer une catégorie de cours du système international lorsqu’elle est utilisée d’une manière susceptible de porter atteinte à l’intégrité du Student visa.

L’Australie mène une offensive beaucoup plus large contre les formations jugées douteuses

La fermeture du GDML n’est pas une mesure isolée.

Depuis le 19 mai 2026, le gouvernement a également suspendu pendant douze mois les nouvelles demandes adressées à l’ASQA par des prestataires souhaitant obtenir une inscription CRICOS ou ajouter de nouvelles formations destinées aux étudiants étrangers.

Cette suspension doit rester en vigueur jusqu’au 19 mai 2027.

Le gouvernement explique cette décision par la multiplication de nouveaux acteurs considérés comme de faible qualité ou principalement attirés par le marché international.

Les autorités souhaitent ainsi donner davantage de temps à l’ASQA pour examiner les établissements existants et renforcer les contrôles sur les prestataires à risque.

Les nouveaux organismes VET doivent désormais faire leurs preuves auprès des étudiants australiens

Le cadre réglementaire a également été renforcé en amont.

La plupart des nouveaux organismes privés de formation professionnelle doivent désormais avoir proposé des formations aux étudiants domestiques pendant au moins deux ans avant de pouvoir demander l’autorisation d’accueillir des étudiants internationaux.

Les TAFE publics bénéficient d’un régime différent.

L’objectif est d’empêcher la création d’organismes dont le modèle économique repose dès le départ presque exclusivement sur les frais versés par des titulaires de visas étudiants.

Un établissement CRICOS qui ne dispense aucune de ses formations enregistrées à un étudiant international pendant 12 mois consécutifs peut également voir son enregistrement automatiquement annulé.

Qu’arrive-t-il au visa d’un étudiant dont la CoE est annulée ?

L’annulation d’une CoE et l’annulation d’un visa sont deux choses différentes.

Le fait qu’une CoE du GDML soit supprimée le 5 octobre ne signifie pas nécessairement que le Student visa de l’étudiant sera automatiquement annulé le même jour.

En revanche, une Confirmation of Enrolment valide est étroitement liée au respect des conditions du visa étudiant. Un étudiant dont la formation ne peut plus commencer doit donc régler rapidement sa situation académique et migratoire.

L’ASQA recommande aux prestataires de diriger les étudiants ayant des questions sur leur visa vers le Department of Home Affairs ou vers un professionnel de l’immigration enregistré.

Il ne serait donc pas prudent de considérer une ancienne CoE comme une garantie permettant simplement de rester en Australie jusqu’à la date initialement prévue.

Peut-on s’inscrire dans une autre formation ?

Un étudiant affecté peut chercher une autre formation répondant aux conditions applicables au Student visa, mais le changement doit rester cohérent avec son projet d’études et les règles migratoires.

L’Australie applique depuis mars 2024 le Genuine Student requirement, qui oblige les candidats à démontrer que leur objectif principal est réellement d’étudier.

Les autorités examinent notamment :

  • les études antérieures du candidat ;
  • la cohérence du nouveau programme avec son parcours ;
  • les raisons du choix de la formation ;
  • la valeur de celle-ci pour son avenir professionnel ;
  • les changements de cursus déjà effectués en Australie ;
  • la situation personnelle et migratoire du demandeur.

Un étudiant qui passerait simplement du GDML à une autre qualification choisie uniquement pour prolonger son séjour ne bénéficie donc d’aucune garantie d’obtenir un nouveau visa.

La fermeture ne concerne pas l’ensemble des Graduate Diplomas

Une précision est nécessaire.

La décision ne signifie pas que l’Australie supprime tous les Graduate Diplomas, toutes les formations de management ou toutes les formations VET destinées aux étrangers.

La mesure vise exclusivement la qualification :

BSB80120 Graduate Diploma of Management (Learning).

Les autres programmes restent soumis à leurs propres règles CRICOS et aux exigences du Student visa.

Il faut donc éviter de présenter la décision comme une interdiction générale des diplômes de niveau Graduate Diploma.

Les étudiants domestiques ne sont pas concernés

L’interdiction concerne l’utilisation du programme dans le système CRICOS, c’est-à-dire son offre aux étudiants étrangers titulaires ou demandeurs d’un visa étudiant.

L’ASQA précise que la possibilité de dispenser cette qualification aux étudiants australiens n’est pas affectée.

Le gouvernement ne déclare donc pas le diplôme lui-même inexistant ou illégal. Il estime qu’il ne doit plus être utilisé pour recruter de nouveaux étudiants internationaux.

Un secteur VET particulièrement surveillé

Le gouvernement concentre une grande partie de ses mesures d’intégrité sur le secteur VET.

Selon les dernières statistiques officielles du Department of Education, environ 680 582 étudiants internationaux avaient étudié en Australie entre janvier et mai 2026.

Dans le secteur VET, les formations en Management and Commerce figurent parmi les domaines les plus suivis par les étudiants internationaux.

Le gouvernement cherche désormais à distinguer davantage les formations répondant à un véritable besoin professionnel des cursus dont l’attractivité semble surtout provenir de leur capacité à permettre une inscription supplémentaire et, potentiellement, une prolongation du séjour.

Une politique migratoire qui devient progressivement plus restrictive

La fermeture du GDML doit être replacée dans une série de changements beaucoup plus larges concernant les étudiants internationaux.

L’Australie a notamment :

  • remplacé le critère Genuine Temporary Entrant par le Genuine Student requirement ;
  • renforcé l’examen des demandes de visas étudiants ;
  • limité certaines possibilités de demander un nouveau Student visa depuis l’Australie ;
  • augmenté fortement les frais de demande du Student visa au cours des dernières années ;
  • interdit certaines commissions d’agents liées aux transferts d’étudiants déjà présents ;
  • renforcé les contrôles des organismes VET ;
  • introduit de nouveaux pouvoirs permettant de supprimer des formations problématiques ;
  • maintenu à 295 000 le niveau national prévu de nouvelles entrées d’étudiants internationaux pour 2027, soit le même niveau qu’en 2026.

Le gouvernement affirme néanmoins ne pas vouloir fermer l’Australie aux étudiants étrangers. Sa ligne officielle est de privilégier les « genuine international students » et les établissements de qualité tout en supprimant les mécanismes utilisés principalement pour contourner le système migratoire.

Ce que doivent faire les étudiants concernés avant le 5 octobre

Les étudiants ayant une offre ou une CoE pour le BSB80120 Graduate Diploma of Management (Learning) doivent d’abord déterminer s’ils ont déjà effectivement commencé la formation.

Deux situations se distinguent :

1. L’étudiant a commencé le GDML avant le 5 octobre 2026.

Il pourra normalement continuer et terminer le programme auprès de son établissement actuel.

2. L’étudiant n’a pas commencé le GDML au 5 octobre.

Il ne pourra pas commencer la formation. Sa CoE correspondante doit être automatiquement annulée et son établissement devra lui fournir des informations sur les conséquences et les options disponibles.

Les étudiants de cette deuxième catégorie doivent éviter d’attendre l’expiration d’un délai migratoire sans agir. Ils devront examiner rapidement, selon leur situation, la possibilité d’un remboursement, d’une autre formation ou d’une modification de leurs démarches de visa.

Le Department of Education a publié le 4 septembre une fiche spécifique destinée aux étudiants affectés, ainsi qu’une version destinée aux établissements.

La date du 5 octobre est donc la frontière essentielle

La décision annoncée le 4 septembre 2026 ne ferme pas immédiatement les classes et ne force pas les 15 772 étudiants actuels à abandonner leurs études.

Elle met en place une extinction progressive du programme pour le marché international.

À compter du 5 octobre 2026, aucun nouvel étudiant étranger ne pourra commencer le GDML et aucune nouvelle CoE ne pourra être créée. Les étudiants déjà engagés termineront progressivement leur cursus, puis la qualification disparaîtra des enregistrements CRICOS des prestataires concernés.

Pour Canberra, cette première fermeture ciblée envoie surtout un message au secteur : une formation qui devient principalement un véhicule permettant des transferts non authentiques ou la prolongation artificielle d’un Student visa peut désormais être retirée directement du système international australien.

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