Le Canada prépare déjà les règles qui détermineront combien de demandes de permis d’études pourront être acceptées en 2027. Dans un document de transition publié le 4 septembre 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) inscrit parmi ses prochaines étapes de l’automne la fixation du plafond national des permis d’études pour 2027, suivie de l’approbation ministérielle des allocations accordées aux provinces et territoires.
Le chiffre définitif n’est donc pas encore connu. Le Plan des niveaux d’immigration 2026-2028 prévoit actuellement, à titre indicatif, 150 000 nouveaux étudiants internationaux en 2027, contre 155 000 en 2026. Mais cette cible ne doit pas être confondue avec le nombre maximal de demandes qu’IRCC acceptera dans le cadre du plafond : les deux indicateurs correspondent à des réalités administratives différentes. Le gouvernement précise en outre que la cible 2027 peut être confirmée ou ajustée dans le prochain Plan des niveaux.
Ce qu’IRCC vient d’annoncer
Le nouveau document, intitulé IRCC Deputy Minister Transition Binder 2026 – International Student Program, ne fixe pas encore le plafond 2027.
Il indique en revanche explicitement que les travaux prévus pour l’automne 2026 comprennent deux décisions :
- établir le plafond des permis d’études pour 2027 en coordination avec le Plan des niveaux d’immigration ;
- obtenir l’approbation ministérielle de la répartition des places entre les provinces et territoires.
Autrement dit, Ottawa a confirmé que le mécanisme de plafonnement introduit en 2024 se poursuivra en 2027. Ce qui reste à déterminer est son niveau exact et la part qui sera attribuée à chaque province et territoire.
À la date du 11 septembre 2026, IRCC n’a encore publié ni le nombre national de places soumises au plafond pour 2027, ni la répartition entre l’Ontario, le Québec, la Colombie-Britannique, l’Alberta et les autres provinces et territoires.
150 000 étudiants en 2027 : attention à ne pas interpréter ce chiffre comme le nouveau plafond
C’est probablement le point le plus susceptible de créer de la confusion.
Le Plan des niveaux d’immigration actuellement en vigueur prévoit :
- 155 000 nouvelles arrivées d’étudiants internationaux en 2026 ;
- 150 000 en 2027 ;
- 150 000 en 2028.
Ces chiffres représentent les nouveaux étudiants internationaux arrivant au Canada. Ils n’incluent notamment pas les prolongations de permis ni certaines demandes présentées depuis le Canada. Pour 2027 et 2028, il s’agit par ailleurs de cibles provisoires qui peuvent être modifiées.
Le plafond des demandes de permis d’études fonctionne différemment.
Pour 2026, par exemple, Ottawa prévoit jusqu’à 408 000 permis d’études délivrés au total, en comptant 155 000 nouveaux étudiants étrangers et 253 000 prolongations ou étudiants déjà présents. Pourtant, le nombre maximal de demandes soumises au plafond et nécessitant une lettre d’attestation provinciale ou territoriale a été fixé à 309 670 dossiers.
Il serait donc incorrect d’annoncer dès maintenant un « plafond de 150 000 permis d’études pour 2027 ».
Le plafond 2027 n’a pas encore été fixé.
Pourquoi le Canada maintient-il ce plafond ?
IRCC présente désormais le plafonnement comme l’un des principaux instruments de contrôle du Programme des étudiants étrangers.
Le gouvernement considère que la croissance rapide observée avant 2024 avait créé plusieurs difficultés : volumes jugés non soutenables, pression sur les capacités de traitement, dépendance accrue de certains établissements aux frais payés par les étudiants internationaux, attentes parfois irréalistes concernant l’immigration après les études et vulnérabilité financière de certains étudiants.
Le plafond s’inscrit également dans une politique plus large visant à ramener la proportion de résidents temporaires au Canada à moins de 5 % de la population d’ici la fin de 2027. Le Plan 2026-2028 prévoit ainsi 385 000 nouvelles arrivées de résidents temporaires en 2026, puis 370 000 en 2027 et 2028, étudiants et travailleurs temporaires confondus.
Pour les étudiants internationaux, cela signifie que le retour aux volumes observés avant les restrictions de 2024 n’est actuellement pas envisagé.
Le Canada veut désormais privilégier la « qualité plutôt que la quantité »
Le document du 4 septembre apporte cependant une autre indication importante sur l’orientation choisie par Ottawa.
IRCC indique avoir recentré le Programme des étudiants étrangers sur une logique de « quality over quantity », autrement dit de qualité plutôt que de quantité. Parmi les objectifs cités figure celui de rétablir une proportion plus importante d’étudiants internationaux se dirigeant vers les universités.
Cela ne signifie pas qu’un quota 2027 spécifique aux universités, aux Masters ou aux Doctorats a déjà été annoncé. Aucun chiffre de ce type n’est actuellement publié.
La direction politique est néanmoins claire : alors que le Canada réduit le nombre global d’étudiants étrangers, il cherche parallèlement à rendre son système plus favorable aux profils qu’il considère comme particulièrement importants pour la recherche, l’innovation et l’attraction de talents.
Masters et Doctorats bénéficient déjà d’un traitement différent
Cette nouvelle orientation n’est pas seulement déclarative. Plusieurs changements sont déjà entrés en vigueur.
Depuis le 1er janvier 2026, les étudiants admis dans un programme menant à un diplôme de Master ou de Doctorat dans un établissement d’enseignement désigné public n’ont plus besoin de fournir une lettre d’attestation provinciale ou territoriale — LAP/LAT lors de leur demande de permis d’études.
Cette exemption est particulièrement importante puisque la LAP/LAT constitue normalement la preuve qu’une place relevant du plafond provincial a été attribuée au candidat.
En 2026, IRCC prévoyait environ 49 000 permis d’études pour les étudiants de Master et de Doctorat inscrits dans les établissements publics et bénéficiant de cette exemption.
Les doctorants disposent également d’un avantage supplémentaire. Pour les candidats présentant leur demande en ligne depuis l’extérieur du Canada, IRCC a mis en place un objectif de traitement en deux semaines pour les demandes de permis d’études au niveau doctoral ainsi que, lorsque les conditions sont remplies, les demandes déposées simultanément par les membres de leur famille.
Ces mesures expliquent pourquoi le document de septembre parle d’attirer davantage de talents universitaires tout en réduisant les volumes globaux.
Un Master n’est toutefois pas automatiquement « hors plafond » dans tous les cas
La distinction est importante pour les futurs candidats.
L’exemption actuelle de LAP/LAT concerne les programmes menant à un diplôme de Master ou de Doctorat dans un établissement public admissible. Elle ne doit pas être généralisée à tous les programmes postuniversitaires portant le mot « graduate », ni à tous les établissements privés.
IRCC maintient une liste officielle des établissements d’enseignement désignés permettant notamment d’identifier les établissements publics proposant des programmes de Master et Doctorat concernés par l’exemption.
Au Québec, les candidats doivent également tenir compte des règles provinciales applicables, notamment concernant le Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) lorsque celui-ci est requis.
Comment les places seront-elles distribuées en 2027 ?
Le système utilisé en 2026 permet de comprendre ce qui devrait se produire une fois le nouveau plafond annoncé.
IRCC fixe d’abord un volume national, puis accorde à chaque province ou territoire un nombre de places correspondant aux demandes soumises au plafond. Les provinces et territoires décident ensuite de la distribution de ces places entre leurs différents établissements d’enseignement désignés (EED).
Pour 2026, les principales allocations de demandes nécessitant une LAP/LAT étaient notamment :
- Ontario : 104 780 demandes ;
- Québec : 93 069 ;
- Colombie-Britannique : 32 596 ;
- Alberta : 32 271 ;
- Saskatchewan : 11 349 ;
- Manitoba : 11 196.
Au total, 309 670 places de traitement avaient été réparties pour les catégories soumises à une LAP/LAT en 2026.
Ces chiffres ne doivent pas être repris pour 2027. IRCC doit précisément déterminer une nouvelle répartition cet automne.
La répartition provinciale peut avoir un impact direct sur les admissions
Le plafond fédéral intervient après l’admission académique, mais il peut avoir des conséquences très concrètes sur les universités et collèges.
Pour les catégories qui nécessitent une LAP/LAT, un établissement peut accepter académiquement un étudiant mais doit également pouvoir lui permettre d’obtenir une place dans l’allocation attribuée par sa province. La lettre confirme qu’une place a effectivement été réservée au candidat avant le dépôt de sa demande de permis d’études.
Les établissements disposent donc eux-mêmes d’une contrainte de volume, puisque les provinces décident quelles institutions recevront des places et combien.
Cette mécanique explique pourquoi la future répartition 2027 sera probablement aussi importante pour les candidats que le chiffre national lui-même.
Une nouvelle LAP/LAT sera nécessaire pour 2027 lorsqu’elle est exigée
Les candidats envisageant une rentrée en 2027 doivent également connaître une règle administrative souvent négligée : une lettre d’attestation provinciale ou territoriale appartient à une année de plafond déterminée.
IRCC précise actuellement qu’une LAP/LAT délivrée pour le plafond 2026 reste valide, sauf expiration plus précoce, jusqu’au 31 décembre 2026. Une lettre délivrée au titre d’une année antérieure ne peut pas être utilisée pour une nouvelle demande relevant de l’année suivante.
Les candidats soumis à cette obligation et qui présenteront leur demande de permis en 2027 devront donc se conformer aux règles et documents applicables au plafond 2027.
Cette contrainte ne concerne pas les candidats bénéficiant d’une exemption, notamment actuellement certains étudiants de Master et Doctorat dans les établissements publics.
Ce qui peut encore changer avant 2027
Trois éléments essentiels restent à attendre.
Premièrement, le gouvernement doit publier le nombre exact de demandes de permis d’études qui seront acceptées sous le plafond 2027.
Deuxièmement, Ottawa doit fixer puis faire approuver la répartition entre provinces et territoires.
Troisièmement, le prochain Plan des niveaux d’immigration doit confirmer ou modifier la cible actuellement fixée à 150 000 nouveaux étudiants internationaux pour 2027. Le gouvernement indique expressément que les objectifs provisoires pour 2027 et 2028 peuvent être confirmés ou ajustés.
Le calendrier est désormais relativement clair : selon IRCC, la fixation du plafond doit intervenir à l’automne 2026, en coordination avec le nouveau Plan des niveaux.
Ce que les futurs étudiants doivent retenir
Pour un candidat préparant actuellement une admission au Canada pour 2027, il n’est pas nécessaire d’attendre l’annonce du plafond pour commencer les démarches universitaires. Les demandes d’admission et les demandes de permis d’études restent deux procédures distinctes.
En revanche, avant de déposer le permis, il faudra vérifier :
- si le programme choisi est dispensé par un établissement d’enseignement désigné ;
- si une LAP/LAT est exigée pour le profil concerné ;
- si le programme de Master ou de Doctorat bénéficie de l’exemption actuellement accordée aux établissements publics ;
- les nouvelles règles du plafond 2027 une fois publiées ;
- les conditions financières et les autres justificatifs exigés par IRCC au moment de la demande.
L’orientation donnée par Ottawa est donc double : réduire et contrôler le nombre global d’étudiants internationaux, tout en cherchant à attirer davantage de profils universitaires et de haut niveau. Pour les futurs candidats en Master et surtout en Doctorat, les réformes déjà introduites montrent qu’ils occupent désormais une place distincte dans cette politique.
Sources officielles
Le document publié par IRCC le 4 septembre 2026 peut être consulté sur le site officiel du Gouvernement du Canada.
Les objectifs provisoires d’immigration pour 2027 figurent dans le Plan des niveaux d’immigration 2026-2028.





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